Quels produits phytopharmaceutiques utiliser?

Produits phytopharmaceutiques autorisés en Belgique

Base légale :

Règlement (CE) n° 1107/2009

Arrêté royal du 28 février 1994

 

La mise sur le marché, l’utilisation des produits phytopharmaceutiques ainsi que la gestion de leurs impacts sur l’environnement sont réglementés par plusieurs niveaux de pouvoir:

  • Un produit phytopharmaceutique peut être autorisé uniquement si les substances dites "actives" (c'est-à-dire les substances en tant que telles qui agissent contre le ravageur, l'insecte, la maladie ou la mauvaise herbe qui est ciblé(e)) qui le composent sont autorisées au niveau européen. Un produit phytopharmaceutique peut être composé d'une ou plusieurs substances actives, et d'autres composants qui aident à la structure et/ou à l'efficacité du produit (additifs, co-formulants, adjuvants ...).

    La règlementation européenne en vigueur vise à :
    • renforcer le niveau de protection de la santé humaine, des animaux et de l’environnement, tout en préservant la compétitivité de l’agriculture communautaire ;
    • harmoniser et simplifier les procédures au sein de l’UE et à réduire les délais d’examen des dossiers ;
    • accroître la libre circulation des produits et leur disponibilité dans les Etats membres.

               Le règlement (CE) n° 1107/2009 en quelques mots

  • Un produit phytopharmaceutique ne peut être mis en vente, détenu ou utilisé que s’il a été préalablement autorisé sur le marché belge. Le Ministre ou un fonctionnaire désigné à cet effet accorde, après avis favorable du Comité d’Agréation, une agréation soit pour un usage professionnel soit pour un usage non professionnel, ainsi que les conditions d'application du produit (plante visée, dosage, conditions d'utilisation...). Pour obtenir une autorisation, un dossier doit être fourni et doit démontrer, entre autres, que le produit phytopharmaceutique : 
    • N’a pas d’effet inacceptable sur la santé de l’homme ou de l’animal ;N’a pas d’effet néfaste inacceptable sur l’environnement ;
    • Ne provoque pas de souffrance inacceptable chez les vertébrés à combattre ;
    • Est efficace ;
    • N’a pas d’effet inacceptable sur les plantes ou les produits végétaux.
  • La Région wallonne met en place des mesures qui visent, notamment, la protection des groupes vulnérables, du public, de l’environnement et les principes de conditionnalité.

 

 

Classification des produits phytopharmaceutiques

Chaque produit autorisé en Belgique est doté d’un numéro d’autorisation qui lui est propre.

Depuis le 18 août 2012, les classes A, B et NC des produits phytopharmaceutiques sont remplacées par deux catégories bien distinctes :

  • les PPP à usage professionnel (n° d’autorisation terminant par quatre ou cinq chiffres suivis de P/B), moyennant la détention d'une phytolicence, ou ;
  • les PPP à usage non professionnel ou amateur (n° d’autorisation terminant par quatre ou cinq chiffres suivis de G/B). Vous ne pouvez donc utiliser que ce type de produit. Une phytolicence n'est pas nécessaire.

Tous les produits autorisés à l'utilisation en Belgique sont disponibles sur le site internet Phytoweb https://fytoweb.be/fr (onglet "Phytoprotection: consulter les autorisations"). Tous les produits figurant dans la base de données de Phytoweb sont donc les produits utilisables en Belgique au moment de la recherche, et dans des conditions précises d’usage.  

 

 

Interdiction des herbicides synthétiques à usage non professionnel 

Base légale : Arrêté royal du 16 septembre 2018

 

Depuis 2018, l'usage d'herbicides pour les particuliers est fortement restreint en Belgique.

En effet, depuis le 6 octobre 2018, seuls les herbicides à faible risque et ceux contenant exclusivement des micro-organismes, extraits de plantes et substances naturelles d'origine animale, végétale, minérale ou microbienne (y compris ceux qui sont parfaitement identiques et obtenus par synthèse) peuvent encore être vendus et utilisés par les particuliers.

Tous les autres herbicides à usage non professionnel, c'est-à-dire les herbicides de synthèse, ne sont plus en vente dans les jardineries (depuis le 06/10/2018 et 01/01/2019) et ne peuvent plus être utilisés :

  • herbicides non-sélectifs/totaux (c'est-à-dire avec une action sur toutes les mauvaises herbes) depuis le 6 octobre 2018. Il s'agit par exemple d'herbicides à base de glyphosate ;
  • herbicides sélectifs depuis le 1er  janvier 2020.

Si ces herbicides sont combinés avec des engrais, ils suivent les mêmes dispositions.

Par contre, les produits destinés à lutter contre les mousses et lichens ne sont pas visés par cette interdiction et restent autorisés pour les amateurs. 

  • Quelles alternatives au désherbage chimique ?

Le désherbage manuel ou mécanique (brosse, binette, sarcloir, débroussailleuse, tondeuse…), le désherbage thermique, l’utilisation de plantes couvre-sols ou le paillage sont autant d’alternatives à mettre en oeuvre pour entretenir les surfaces extérieures. L'entretien des espaces extérieurs doit être pensé dès leur conception (choix des revêtements, des plantes…) pour favoriser l’efficacité des techniques alternatives.

L’opinion du public doit aussi évoluer pour concilier la propreté des espaces verts avec des endroits contenant des repousses spontanées de végétation. 

L'ASBL Adalia vous propose toute une série d'alternatives sur le site www.adalia.be.

  • Attention aux fausses alternatives  !

L’utilisation de sel, de vinaigre ou d’eau de javel pour désherber le trottoir ou toute autre surface est interdite. Ces produits ne sont pas sans risque pour l’environnement et pour la santé. 

  • Que faire des produits et de leurs emballages ? Vous trouverez ici toutes les informations utiles pour les éliminer sans risque pour l'environnement.

 

 

Les produits de la vie courante comme outils face à certaines maladies et ravageurs

Saviez-vous que la bière, l’huile de tournesol, le vinaigre, le bicarbonate de soude et le sel de mer sont, presqu’au même titre que les autres substances actives, officiellement autorisées pour la protection des végétaux ? Ces substances dites « de base » peuvent être des alternatives de traitement pour lutter contre certaines maladies ou certains ravageurs.

Les substances de base, un type particulier de substances actives

Contrairement aux substances actives « classiques », c’est-à-dire à usage phytosanitaire, les substances dites « de base » sont des substances (éventuellement diluées) dont le but premier n’est pas la protection des végétaux. Elles ne sont donc pas commercialisées en tant que telles, mais bien pour l’alimentation, les cosmétiques ou d’autres usages. Toutefois, la loi européenne prévoit que ces substances puissent être utilisées indirectement comme produits phytopharmaceutiques (PPP), à condition qu’elles ne soient « pas intrinsèquement capables » de provoquer des effets neurotoxiques, immunotoxiques ou perturbateurs du système endocrinien.

Quelles substances de base utiliser ?

Bien que la procédure européenne d’approbation soit simplifiée, l’usage de ce genre de substances est limité et basé sur des critères d’approbation. Seules les substances approuvées par la Commission européenne selon certaines conditions spécifiques d’usage (comme la culture, la maladie ou le ravageur, le dosage, la préparation, le stade d’application…) peuvent être utilisées car elles ne sont pas pour le moins inoffensives pour la santé et l’environnement. Actuellement, il en existe 20 figurant dans une liste positive européenne qui est applicable en Belgique (tableau ci-dessous). Les produits à base d’extraits de plantes, par exemple, ne sont donc pas nécessairement agréés. L’eau de Javel et les produits à base de sulfate de fer ou de soufre (comme la bouillie bordelaise) n’étant pas considérés comme des substances de base, ils doivent, quant à eux, être autorisés comme PPP pour pouvoir être employés.

En agriculture biologique (AB), les substances de base peuvent être utilisées uniquement si elles figurent dans la liste européenne des substances autorisées en AB. Elles s’y retrouvent systématiquement si elles sont alimentaires et proviennent d’une origine animale ou végétale. La bière, les lécithines, l’huile de tournesol et les préparations à base d’orties, d’écorces de saules ou de prêles des champs sont autant de substances de base compatibles avec l’agriculture bio (tableau ci-dessous).

Avant toute utilisation de ce genre de substance, il est indispensable de consulter les conditions spécifiques d’utilisation qui sont disponibles sur www.phytoweb.be (onglet « Substances de base » dans « Produits phytopharmaceutiques »). Aucune d’entre elles n’est autorisée comme herbicide (pas même le vinaigre ou le sel).

 

SB autorisées

Usage

Bicarbonate de soude

Contre les maladies fongiques de fruitiers (aussi maladies de stockage), légumes, plantes ornementales (aussi contre les lichens et mousses), vigne

Bière

Contre les limaces sur toutes cultures

Charbon argileux

 

Contre l'esca de la vigne

Chlorhydrate de

chitosane

En traitement de semences (céréales, PDT, bett. sucr.) contre les champignons pathogènes et bactéries
Effet éliciteur contre champignons pathogènes et bactéries de toutes cultures

Eau oxygénée

 

Pour la désinfection de certaines semences et d’outils

Ecorce de saule

Contre certaines maladies fongiques du pommier, pêcher et de la vigne

Fructose

Effet éliciteur contre le carpocapse du pommier

Huile d’ognon

Répulsif contre la mouche de la carotte de certains légumes

Huile de tournesol

Contre l'oïdium de la tomate

Hydroxyde de calcium

Contre le chancre des arbres fruitiers

Lactosérum

Contre l'oïdium du concombre, courgette

Lécithines

Contre certaines maladies fongiques d'arbres fruitiers, légumes, vigne, plantes ornementales et contre le mildiou de la PDT

Ortie

Contre certains acariens/insectes/champignons foliaires /pourritures/maladies de conservation d'arbres fruitiers, vigne, légumes, arbres et arbustes d'ornement, PDT, colza

Phosphate diammonique

Pour attirer certaines mouches d'arbres fruitiers

Poudre de graines

de moutarde

Pour le traitement des semences de céréales contre la carie

Prêle des champs

Contre certaines maladies fongiques du pommier, pêcher, légumes et vigne

Saccharose

Effet éliciteur contre le carpocapse du pommier
Contre la pyrale du maïs

Sel de mer

 

Contre  certaines maladies fongiques, ravageurs de la vigne, et contre les champignons parasitaires des champignons de Paris

Talc (E553B)

 

Contre les acariens/insectes/champignons foliaires et moisissures d'arbres fruitiers et vigne

Vinaigre

Désinfection des semences de céréales, légumes, fruits, aromates
Désinfection d’outils en arbres et arbustes d’ornement
Désherbant en aromates et certaines espèces ornementales (pas bio)

Autorisé en agriculture biologique

 

Concrètement, une substance de base doit-elle être traitée comme un PPP ?

Si vous décidez d’utiliser une substance de base comme PPP, elle doit être mentionnée dans le registre d’utilisation des PPP. Toutefois, comme la substance de base a un autre usage principal que celui de protéger les végétaux, une phytolicence n’est pas nécessaire, et le produit ne doit pas obligatoirement être stocké dans le local phyto. Il est toutefois recommandé d’y stocker les préparations faites à partir de substances de base (purin d’orties et autres décoctions).