3. Manipulation

Suite à la transposition partielle de la Directive 2009/128/CE, des nouvelles mesures en lien avec la manipulation des produits phytopharmaceutiques (PPP) ont été adoptées par le Gouvernement wallon. Ces mesures visent à limiter les risques de pollutions ponctuelles de l’eau et de l’environnement par des PPP.

Lorsque vous disposez d’une cuve de pulvérisation ayant une capacité de plus de 20 litres, les opérations de manipulation des PPP et des adjuvants sont donc soumises à certaines mesures. On entend par « opérations de manipulation », les opérations de :

  • remplissage du pulvérisateur ;
  • préparation de la bouillie ;
  • rinçage de la cuve ;
  • nettoyage interne et externe de la cuve.

Toutes ces opérations doivent avoir lieu :

  • soit sur une aire étanche et résistante mécaniquement et chimiquement à la corrosion, et reliée à un système de collecte ou de traitement des effluents phytopharmaceutiques ;
  • soit sur un sol recouvert d’une végétation herbacée, plane et entièrement dédié à la manipulation des PPP/adjuvants (et donc non occupée par des animaux) ;
  • soit au champ.

Selon le lieu où vous manipulez les PPP ou les adjuvants, différents équipements et aménagements sont obligatoires depuis le 5 juillet 2019. Les preuves ou comptes-rendus des visites techniques doivent être conservées.

L’aire enherbée et l’aire étanche doivent :

  • avoir une surface minimale, comprenant 1,5 mètres tout autour du tracteur (avec les rampes repliées) (sauf si l’aire étanche a été installée avant le 05/07/2019) ;

                                       

  • être implantée à plus de 10 mètres des habitations, des cours d’eau et égouts, et à plus de 5 mètres des voiries.

Depuis le 5 juillet 2019, si vous disposez d'un pulvérisateur d'une capacité de plus de 20 litres, vous devez déclarer annuellement au Service Public de Wallonie, par courrier ou par email, la façon avec laquelle vous gérez vos effluents phytos lors du remplissage et du rinçage/nettoyage du matériel de pulvérisation (au champ, aire enherbée ou aire étanche). Pour les agriculteurs, cette déclaration se fait via la déclaration de superficie de la PAC (via PAC on web). Pour les autres utilisateurs professionnels, cette déclaration peut être faite via l'annexe 1 de l'AGW du 11 avril 2019.

Tout déversement de PPP dans les eaux de surface, souterraines, dans les égouts ou dans les zones de prévention de captage d’eau, doit être signalé à un agent du Département de la Police et Contrôles (SOS Environnement-Nature au 0800/20.026). 

    Pour plus d’informations sur la gestion des effluents et les systèmes de traitement, ou pour demander la visite d’un conseiller, contactez l’asbl PROTECT’eau au 081/72.89.92 ou à info@protecteau.be (www.protecteau.be)

     

    Table des matières :

    Remplissage du pulvérisateur

    Le remplissage du pulvérisateur doit être effectué sur l’une des surfaces suivantes:

    • Une aire étanche reliée à un système de traitement des PPP (biofiltre, phytobac…) ;
    • Un sol plat et enherbé ;
    • Au champ.

    Pour les opérations de remplissage de la cuve et de préparation de la bouillie, des précautions particulières doivent être prises, peu importe le lieu de manipulation :

    • Empêcher le retour de l’eau de remplissage vers la source d’approvisionnement en eau, par le biais d’un système anti-retour efficace (potence, clapet anti-retour, cuve intermédiaire …) ;
    • Eviter le débordement de la cuve du pulvérisateur par le biais d’un système anti-débordement (volucompteur, jauge avec arrêt automatique, cuve intermédiaire, système d’alarme …);

    Pour éviter toute contamination de l’eau et de l’environnement, il est strictement interdit de prélever directement de l’eau dans les cours d’eau, étang ou autres eaux de surface ou souterraines pour effectuer le remplissage de la cuve et le mélange ou la dilution de PPP.

    Si vous réalisez uniquement des opérations de remplissage de la cuve, l’aire étanche ne doit pas obligatoirement avoir un système de collecte/stockage/traitement des PPP, pour autant que le système anti-débordement soit fonctionnel.

       


    www.agri-convivial.com

    Rinçage des bidons vides de PPP

    Depuis le 15 septembre 2013, en absence de système de rinçage des bidons sur le pulvérisateur, les emballages de PPP vidés doivent être rincés 3 fois à l’eau claire.

    Gestion des fonds de cuve

    Les fonds de cuve, les fonds de cuve résiduels, les bouillies non utilisables ainsi que toutes les eaux polluées par les PPP, par les opérations de rinçage et de nettoyage sont des effluents phytopharmaceutiques. Afin de ne pas contaminer la ressource en eau et l’environnement, ces effluents doivent être collectés et traités.

    Les fonds de cuve doivent être dilués jusqu’au moment où la concentration en substance(s) active(s) du fond de cuve initial est divisée au minimum par 100. Ceci peut être effectué en effectuant 3 rinçages de la cuve à l’eau claire avec un volume d’eau 5 fois supérieur au volume du fond de cuve. Pour chaque étape de dilution de ce fond de cuve, l’eau doit être appliquée sur la parcelle venant d’être traitée. Des outils existent pour vous aider à calculer très facilement le volume d’eau nécessaire pour la dilution :

    Les fonds de cuve résiduels restant après désamorçage du pulvérisateur (dilués min. 100 fois) devront être vidés soit au champ, soit sur l’aire étanche, soit sur l’aire enherbée.

    Pour les fonds de cuve trop importants et les bouillies non utilisables (non diluées), ils devront être collectés et stockés dans une cuve avant traitement par un collecteur agréé, par un prestataire externe de service ou par votre propre système de traitement.

    La capacité du :

    • réservoir de stockage doit être calculée selon le volume total d’effluents d’une année, de la fréquence du traitement, et doit être supérieur au volume de la cuve du pulvérisateur ; ou du
    • système de traitement doit avoir des dimensions adéquates.

    Les systèmes de traitement des effluents phytopharmaceutiques (STEPHY) doivent être en bon état, entretenus, correctement dimensionnés et les conditions de traitement des sous-produits (eaux résiduelles, substrats et supports filtrants) doivent être respectées. Plusieurs types de système de traitement (bio-épurateurs) existent, comme les biofiltres, Phytobac©, Heliosec©, Sentinel© ou Remdry©. Tous les détenteurs d’un tel système ayant été installé avant le 5 juillet 2019, doivent le déclarer avant le 5 janvier 2020, par recommandé (avec accusé de réception) au Service Public de Wallonie (adresse et type de l’installation, et date de début d’utilisation). Vous trouverez le formulaire à compléter ici. Pour plus d’informations au sujet des STEPHY, veuillez contacter l’asbl PROTECT’eau.

    Rinçage et nettoyage du pulvérisateur 

    Pour les opérations de rinçage et de nettoyage de la cuve ayant lieu au champ, une cuve d’eau claire doit être embarquée ou connectable. Selon que la cuve de votre pulvérisateur est munie d’une buse de rinçage interne (girolaveur ou rince-cuve) ou non, le volume de cette cuve d’eau claire est différent. La buse de rinçage interne consiste à produire un jet généralement tournant et disposé au centre de la cuve principale du pulvérisateur. Elle permet un rinçage optimal de la cuve avec une quantité d'eau réduite. Elle permet également d'éviter que des traces de produits ne contaminent la bouillie suivante ou que des dépôts ne se forment et n'obstruent les filtres et les buses. Le principal avantage réside dans le fait qu'un premier rinçage du pulvérisateur peut être effectué au champ, directement après la pulvérisation (évite dépôts, colmatage...). Si cette opération est conduite 2 ou 3 fois, le risque ultérieur de bouchage des buses est fortement limité. Lors du rinçage, il faut également rincer correctement la pompe et les conduites allant jusqu'aux buses (tuyaux, filtres…).

    • Si la cuve du pulvérisateur a une buse de rinçage : le volume de la cuve d’eau claire est d’au moins 10% du volume de la cuve du pulvérisateur.
    • Si la cuve du pulvérisateur n’a pas de buse de rinçage : le volume de la cuve d’eau claire est d’au moins 20% du volume de la cuve du pulvérisateur.

    La cuve d’eau claire doit être munie d’une lance et d’un tuyau pour le nettoyage externe du pulvérisateur. »