Études & projets

1. Etudes sur les usages et ventes de produits phytopharmaceutiques

Les usages des produits phytopharmaceutiques sont nombreux et variés, depuis les applications au champ dans un souci de protection des cultures, jusqu’au traitement des espaces verts privés et des jardins de particuliers en passant par la désinfection des silos. Ceux-ci concernent un large spectre d’utilisateurs potentiels (agriculteurs, particuliers, entrepreneurs de parcs et jardins ...).

En Belgique, les firmes phytopharmaceutiques sont tenues de déclarer, chaque année, au Service Public fédéral Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement, les données de ventes des produits phytopharmaceutiques dont elles détiennent l’agréation. Néanmoins, les données relatives à l’utilisation de ces produits, tout comme la répartition géographique de ces utilisations, ne sont pas connues avec précision par les pouvoirs publics. Raison pour laquelle différents travaux de recherche sur la quantification des utilisations de PPP en Belgique et en Wallonie ont vu le jour ces dernières années.

    A. Etude CERVA

Dans le cadre d’un programme de recherches réalisé en 2005 en vue de la préparation des rapports sur l'état de l'environnement wallon, le CERVA (Centre d'Etude et de Recherches Vétérinaires et Agrochimiques) a mis au point, pour les années 1995, 2000 et 2003, une méthodologie de calcul de répartition des quantités de matières actives utilisées en Région wallonne. La présente étude se base partiellement sur cette méthodologie de calcul.

L'étude peut être consultée en cliquant ci-dessous:

Cette étude a été financée par la Direction générale des Ressources Naturelles et de l’Environnement (DGRNE) de la Région wallonne dans le cadre de la préparation des rapports sur l'état de l'environnement wallon.

    B. Projet "Indicateurs Pesticides"

En ce qui concerne l’état et l’évolution de la situation en matière d’utilisation des produits phytopharmaceutiques (PPP), la « cellule Comité régional PHYTO » s’est vue confier depuis 2008 la mission de mettre à jour les indicateurs de l’Etat de l’environnement wallon relatifs à l’utilisation des produits phytopharmaceutiques afin d’estimer de manière quantitative les utilisations de PPP par les différents secteurs d’activité en Wallonie.

Dans un premier temps, une clé de répartition des utilisations nationales et wallonnes de 44 substances actives (s.a.) sélectionnées de PPP (représentant la majorité des ventes de s.a. en Belgique entre 1992 et 2004) a été développée par type de produits (désinfectants du sol, fongicides, herbicides, insecticides, produits hors protection des plantes, traitements de semences …) et par type d’utilisateurs (agriculteurs, Infrabel, administrations publiques et  particuliers) sur base des chiffres de ventes nationales de s.a. sur la période s’étalant de 1992 à 2004.

En outre, les usages agricoles de produits phytopharmaceutiques ont été répartis pour les principales catégories de cultures emblavées en Région wallonne (prairies, maïs, froment, orge, autres céréales, betteraves-chicorées, lin, colza, pommes de terre, légumes de pleins champs, cultures sous serres, sapin de Noël, vergers). Cette clé de répartition a été soumise à un jugement d’experts et validée par ceux-ci. 

L'étude peut être téléchargée ci-dessous:

Parallèlement, des enquêtes de terrain réalisées en 2009 ont permis d’obtenir une estimation des quantités réellement employées de produits phytopharmaceutiques par type d’utilisateurs (administrations communales, particuliers, agriculteurs et autres utilisateurs) et par catégorie de cultures au sein de deux sous-bassins hydrographiques (le bassin du Pisselet et le bassin de la Dyle). Les résultats des enquêtes peuvent être communiqués sur base d’une demande auprès de crphyto@uclouvain.be.

Dans un second temps, une actualisation de l’estimation sur les quantités utilisées des 44 s.a. sélectionnées a été réalisée par catégorie d’utilisateurs et par catégorie de cultures pour la période comprise entre 2005 et 2010, de façon à obtenir des données comparables sur la série temporelle 1992-2010 à l’échelle wallonne et nationale. Parallèlement, une méthodologie a été mise au point afin de permettre l’extrapolation, à l’échelle de la Wallonie, des quantités de substances actives de produits phytopharmaceutiques relevées dans les échantillons annuels du réseau de la Direction de l’Analyse Economique Agricole (DAEA) pour les principales cultures agricoles et ce, pour la période comprise entre 2004 et 2009. En outre, une analyse comparative de ces deux approches (données de ventes fédérales et comptabilités agricoles de la DAEA) a été réalisée pour les principales cultures agricoles.

Les résultats de l’étude peuvent être consultés ci-dessous:

Au vu des exigences requises par les différentes institutions en termes de données liées à l’utilisation des PPP, il a été demandé à la cellule « Comité régional PHYTO » de poursuivre le travail de recherche accompli en mettant à jour les approches méthodologiques développées dans les travaux précédents. Cette demande s’est notamment traduite par une analyse détaillée de la répartition des données de ventes par type d’utilisateurs (professionnels et non professionnels) et par catégorie de substances actives (fongicides, herbicides…) pour les années 1995, 2005 et 2010 à 2015. Parallèlement, la méthodologie d’extrapolation mise en place dans les précédents travaux de recherche a été appliquée pour certaines cultures pour les exercices comptables de la DAEA allant de 2010 à 2015, de façon à obtenir des données comparables sur la série temporelle 2004-2015.

Pour en savoir plus, téléchargez les études ci-dessous:

    C. Projet européen « Estimation des usages non agricoles des  pesticides en Belgique »

Une étude pilote visant à estimer les usages non agricoles de produits phytopharmaceutiques a été réalisée en 204 par l'UGent et l'Univeristé catholique de Louvain et a été financée par Eurostat. Cette étude propose une méthode de quantification des utilisations non agricoles de PPP en Belgique et délivre quelques résultats péliminaires sur leur répartition. Sur base de cette méthode ainsi que sur base des résultats issus d'études semblables réalisées en Europe (Italie, Lituanie, Lettonie et Roumanie), une méthode européenne pour établir les statistiques d'utilisation des produits phytopharmaceutiques en dehors de l'agriculture a été proposée à la Comission européenne.

Pour plus de détails, téléchargez l'étude ci-dessous:

2. Projet HEEPEBI

Ce projet fédéral a pour objet la réalisation d'un inventaire détaillé, pour la situation belge, des effets sur la santé et l'environnement des pesticides à usage agricole et des biocides de type 18 (insecticides, acaricides et produits utilisés pour lutter contre les autres arthropodes).

Cofinancé par le département "SPF santé publique, sécurité de la chaîne alimentaire et de l'environnement", le projet est une collaboration entre l'Université de Gent, le CERVA (Centre d'Etude et de Recherches Vétérinaires et Agrochimiques), ECOLAS (Environmental Consultancy and Assistance) et l'UCL. Cette étude s'inscrit dans le cadre de l'Arrêté royal du 22 février 2005 relatif au premier programme fédéral de réduction des pesticides à usage agricole et des biocides qui avait pour objectif de réduire jusqu'en 2010, par rapport à 2001, de 25% l'impact négatif des pesticides utilisés dans le secteur agricole et de 50% l'impact négatif des biocides et des pesticides utilisés en dehors du secteur agricole.

La première partie du projet consiste en un examen des connaissances scientifiques et de la littérature sur les possibles effets sur la santé humaine et l'environnement des pesticides à usage agricole et des biocides de type 18 afin d'en étudier les problématiques ainsi que les incertitudes et d'en évaluer les risques dans le contexte belge.

Dans un second temps, ces impacts sont évalués de manière quantitative par l'application d'un indicateur de risque multi-compartimental développé par les partenaires lors d'études précédentes.

La dernière partie propose des suggestions pour la recherche, estime l'impact des mesures proposées et formule des conclusions pratiques.

Les résultats de cette étude constituent un outil très utile et un document de conseils pour l'installation des mesures de réduction.

3. Indicateurs environnementaux

L’utilisation d’indicateurs environnementaux est actuellement préconisée en matière de développement durable. A cette approche théorique, il est nécessaire d’associer le point de vue des producteurs.

C’est pourquoi, un projet de recherche intitulé "Développement d’outils de sensibilisation pour un usage durable des pesticides" a été mis en place au début de l’année 2002. Ce projet était financé par les SSTC (Services fédéreaux des affaires scientifiques, techniques et culturelles) et coordonné par le Professeur Henri Maraite de l’unité de phytopathologie (Faculté d’ingénierie biologique, agronomique et environnementale - UCL). Il était basé sur un partenariat entre des équipes de l’UCL, de l’Université de Gent et du CERVA (Centre d'Etude et de Recherches Vétérinaires et Agrochimiques) de Tervuren.

L’objectif principal du projet était de généraliser une utilisation raisonnée et durable des pesticides en se basant sur une évaluation quantitative de leurs impacts et sur des outils de sensibilisation adaptés aux contraintes et à la sensibilité des producteurs.

Ainsi, ce projet visait à fournir des outils permettant une évaluation aisée de l’impact des différents pesticides et des scénarios d’utilisation de ceux-ci aux producteurs, organismes de vulgarisation et autorités publiques.

La recherche a été encadrée par un comité d’utilisateurs potentiels des résultats réunissant les Administrations régionales et fédérales en matière d’agriculture et d’environnement, le syndicat agricole, l’industrie phytosanitaire ainsi que les centres de recherche et vulgarisateurs agricoles.

Les résultats de ce projet contribueront à :

  • Améliorer la connaissance en ce qui concerne la manière dont les producteurs font face, intègrent et gèrent les contraintes agronomiques, socio-économiques et environnementales auxquelles ils sont soumis lors des choix de stratégies de protection de leurs cultures;
  • Développer un PIAS (Pesticides Impact Assessment System) permettant l’évaluation de l’impact global des méthodes de protection des cultures (actuelles et développées à l’avenir) impliquant l’utilisation de pesticides;
  • Fournir un classement objectif des pesticides prenant en compte leur impact potentiel sur la santé humaine et l’environnement;
  • Apporter un système d’aide à la décision aux producteurs, organismes de vulgarisation et industries afin de minimiser les effets secondaires de l’utilisation des pesticides.

Publications

 

4. Enquête dans le monde agricole

Une enquête a été menée en 2003 auprès d'une centaine d'agriculteurs pratiquant des "grandes cultures" en Brabant Wallon afin de développer des outils de sensibilisation pour un usage durable des pesticides.

Les résultats de ce projet ont été présentés lors d'une demi journée d'étude le 26 janvier 2005 à Louvain-la-Neuve.

Cette enquête a fait l’objet d’une publication dont vous pouvez disposer en français - en néerlandais.

L’hétérogénéité de la population agricole du point de vue de la situation socio-économique, des spéculations et de la situation géographique ne permet pas d'établir une typologie des exploitations ou des exploitants qu’il est primordial de sensibiliser aux risques liés à l’utilisation des produits phytosanitaires.

On peut conclure à partir des résultats de cette enquête, que les agriculteurs belges sont généralement bien informés sur la législation actuelle et sur les risques liés à l'utilisation des pesticides. Cependant, malgré cette connaissance des risques, trop peu d’agriculteurs prennent suffisamment de précautions lorsqu’ils traitent leurs cultures.

Il serait opportun, pour cibler les actions, de comprendre le fossé qui existe entre cette prise de conscience et la pratique.

Les agriculteurs prennent rarement seuls la décision de traiter. Ils disposent de nombreuses sources d’informations (délégués de firmes, contacts avec les criées, cours du soir, lecture de journaux, systèmes d'avertissements...).

Par ces voies, il serait intéressant de sensibiliser davantage les agriculteurs au respect de l’environnement et de la santé humaine. Ces interlocuteurs privilégiés sont des canaux importants pour la diffusion d'informations et pour l'accompagnement des agriculteurs.

Malgré ces nombreuses sources d'information, un travail de sensibilisation est nécessaire. La preuve en est que les mesures mises en place par le Gouvernement ces dernières années portent leurs fruits: les appareils de traitement sont en bon état, les fonds de cuves sont minimisés (et épandus sur la culture) …

Sur base des résultats de cette enquête, une amélioration des pratiques agricoles en matière d’utilisation de pesticides doit être faite par une approche globale, basée sur la formation et la distribution d'information.

5. Journées d’études organisées par le Comité régional PHYTO

Le Comité régional PHYTO organise régulièrement des journées sur des thématiques relatives à l’usage durable des produits phytopharmaceutiques. Vous pouvez retrouver l’ensemble des comptes rendus de ces journées ici